C'est le printemps chez Nagahori |
| Soupe au parfum de printemps
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"Cette soupe a la véritable arôme du printemps", s'exclame Nakamura san alors qu'il sert son plat à ses clients.
Surprise : la soupe est servie dans une théière et des tasses à thé. Ce n'est pas vraiment ce que j'attendais !
La soupe se déguste selon un protocole précis : On commence par verser la soupe dans une tasse avant de la boire. Tous types d'arômes et de saveurs coexistent dans ce mélange laiteux : umami, sucré, amer... ce qui en fait un plat extraordinaire. Sans m'en rendre compte, j'en bois successivement plusieurs tasses.
Ensuite, on vide les ingrédients restant à l'intérieur de la théière et on les mange à l'aide de baguettes. La riche vapeur qui s'échappe lorsque j'ouvre le couvercle embaume le printemps. Que peut-il donc bien y avoir dans cette soupe ? Cette question m'amene à explorer l'intérieur de ma théière à l'aide de mes baguettes. J'y trouve, tels un trésor dans un coffre, des asari charnues (petites palourdes), des nanohana (fleurs de navet), de l' udo , du kinome (yeux de poivre japonais) ainsi que d'autres ingrédients évocateurs du printemps. "Il s'agit pour ainsi dire d'une bolée de printemps. "Mais si je la servais simplement dans un bol, ce serait un peu terne n'est-ce pas ?", plaisante Nakamura san. Le fait de présenter la soupe dans une théière redouble le plaisir du client. Les quatre théières de Nakamura san ont été exécutées sur commande par l'un de ses amis, le potier Shiro Yoshii.

Le plat est préparé comme suit : Un bouillon préparé à partir de tete de tai (dorade) est mélangé avec un bouillon de konbu (algue) et de katsuo (bonite). On ajoute des asari à ce mélange que l'on fait à nouveau mijoter pour préparer la soupe qui sera ensuite passée. La saveur dominante est celle des asari , mais la soupe passée offre un gout riche et élégant. On trempe les asari dans de l'eau chaude pour en ouvrir les coquilles, puis on les rince à l'eau froide. Ce processus est connu sous le nom de shimofuri . On sort ensuite les palourdes de leurs coquilles. On place dans la théière les asari , l' udo découpées en tranches longues et fines, la fleur de navet et le kinome , puis on verse la soupe bouillante. On couvre la théière et la soupe est servie immédiatement.
Cette soupe est un mets d'une grande délicatesse. Chaque portion est garnie de 10 asari de la baie de Mikawa, en préfecture de Aichi. Les asari utilisées pour rehausser la saveur de la soupe sont considérés comme des "résidus" et ne sont pas placées dans la théière. Si les asari à l'intérieur de la théière sont si charnues et douces, c'est parce qu'elles ont été préparées séparément et ajoutées au dernier moment. On ajoute également des kinome sans retenue. Naturellement, les udo Mishima sont préparés par Goto san. "Ce n'est pas une tache difficile, mais elle nécessite beaucoup de préparation", explique Nakamura san. "Chaque ingrédient doit faire l'objet d'une préparation spécifique pour en dégager tout l'arôme printanier. Ainsi, la soupe est composée de trois types de bouillon et les asari sont blanchis tandis que l' udo mishima et la fleur de navet restent crus".
Visite de la ferme à udo de MishimaDiversité des
ingrédients japonais
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